Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par quelques orages qui peuvent produire des crues catastrophiques dans les vallées. L’un des traits caractéristiques du Pays de Caux est la grande variabilité du temps, même au cours d’une journée. Les vents dominants soufflent du sud et du sud-ouest ; les tempêtes arrivent en hiver, surtout en janvier. Le record absolu pour le Pays de Caux a été enregistré le 16 octobre 1987 au Cap de la Hève : 180 km/h. Enfin, il existe des microclimats liés à une situation particulière ; la côte nord (autour de Dieppe) est plus froide et humide que le reste du littoral. L’intérieur du plateau de Caux possède une nuance flamande.
Données climatiques pour Le Havre :| Mois | Jan | Fev | Mar | Avr | Mai | Jui | Jui | Aou | Sep | Oct | Nov | Dec | Année |
|---|
| Températures moyennes (°C) | 4,6 | 4,9 | 6,8 | 8,8 | 12,1 | 14,8 | 17 | 17,2 | 15,7 | 12,6 | 8,2 | 5,6 | 10,7 |
|---|
| Précipitations moyennes (mm) | 62,6 | 49 | 54,3 | 42,9 | 52,7 | 52,6 | 50,2 | 48,5 | 64,5 | 74,1 | 88,1 | 69,4 | 708,6 |
|---|
| Insolation moyenne (h) | 62,9 | 87,7 | 136,2 | 179,5 | 214,6 | 224,4 | 237,8 | 218,5 | 168,3 | 124,5 | 74,7 | 56,7 | 1787,9 |
|---|
| Source : « Cap de la Hève, Seine-Maritime (76), 100m - », site d'Infoclimat. |
Des milieux et des paysages fragiles
Les paysages sont d’aspect tabulaire et marqués par l’
Openfield (champs ouverts) nécessité par la mécanisation agricole. La spécificité du Pays de Caux est le
Clos-masure qui est un espace entouré de haies vives servant de rideau brise-vent. Les arbres sont plantés sur un talus (appelé de façon paradoxale « fossé » par les Cauchois) d'environ un mètre de hauteur. On utilise des
hêtres, des
chênes ou, de nos jours, le
Peuplier à cause de sa croissance rapide. Il existe parfois deux rangées d'arbres sur le même talus.
Abritée par cette haie qui crée un microclimat se trouve une cour complantée de pommiers pour la production du Cidre ou de poiriers (présence d'un pressoir). La haie protège en outre le jeune bétail et la basse-cour. On trouve aussi une mare et des bâtiments d’exploitation et d’habitation (ferme). L'accès à la cour se fait par deux ou quatre portails qui correspondent le plus souvent aux points cardinaux. L’évolution des modes de vie conduit à un arrachage ou un manque d’entretien des haies, ce qui accélère l’érosion des sols. Ayant un rôle de brise-vent, les talus plantés également freinent en effet l’écoulement des eaux de pluie. Avec la croissance démographique du XVIIIe siècle, les clos-masures ont fini par former des hameaux, eux-mêmes entourés de haies. Le paysage du pays de Caux ne doit pas être confondu avec le Bocage de Basse-Normandie.
Le littoral est constitué de falaises de craie plus ou moins hautes. Les plus célèbres sont celles d’Étretat. Leur couleur blanche explique la désignation « Côte d'Albâtre » pour cette partie de la Normandie. Cette falaise recule plus ou moins rapidement en fonction de l’érosion marine. Les plages sont tapissées de galets, détachés de la falaise et polis par la mer. Ces galets ont néanmoins tendance à migrer et le sable peut affleurer à certains endroits. Les falaises sont touchées par l’érosion : le littoral de la Seine-Maritime recule de 20 cm/an en moyenne.
Milieu naturel
Le milieu naturel du pays de Caux est composé principalement de
prairies humides, de
tourbières, de
roselières, de
mares, de
rivières, de coteaux crayeux et de
forêts. Le developpement naturel du Pays de Caux s'est principalement installé dans ces milieux, créant une nature riche et abondante.
Parc des Boucles de Seine
Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande a été créé le 17 mai
1974 pour entretenir la coupure verte entre les deux espaces urbains et industriels de Rouen et du Havre. Il s'étend sur les régions du Pays de Caux, du Val de Seine, du
Roumois, du
Marais Vernier et de la basse vallée de la
Risle, le long de 180 kilomètres de Seine Le parc dispose de neuf grandes missions en matière d'agriculture, d'architecture, de culture, d'eau, d'économie, d'éducation, d'environnement, de paysage et de tourisme. A l'intérieur du parc, il existe quatre sites remarquables, à savoir la Réserve naturelle du Vallon du Vivier, la Réserve Naturelle des Mannevilles, les Marais de Saint Sulpice, la Réserve Naturelle des Courtils à Bouquelon.
La faune
Le relief rocheux allié à la présence importante d'algues favorise la diversité animale du Pays de Caux. Ces deux facteurs sont observés principalement dans le secteur
Antifer-
Senneville et est profitable pour de nombreuses espèces
sessiles et vagiles.
Les autres secteurs profitent aussi de leur caractéristique pour le développement de certaines espèces de mollusques bivalves et de Vers endogés qui apprécient particulièrement la roche tendre des estrans de Veulettes ou de Veules-les-Roses.
Parmi les espèces caractéristiques du Pays de Caux, on peut citer de nombreuses espèces parmi lesquelles les Spongiaires, Cnidaires, Planaires, Annélides, Crustacés, Pycnogonides, Insectes, Mollusques, Bryozoaires, Echinodermes, Urochordés, Poissons.
La déforestation et la pollution ont mis en péril certains animaux notamment: l'Anguille, la Chouette chevêche, la Cigogne, le Damier de la succise et le Triton crêté.
L'animal caractéristique du Pays de Caux est la vache normande.
La flore
La flore du pays de Caux se compose en grande partie de
thallophytes, la zone de balancement des marées du littoral du Pays de Caux est particulièrement diversifiée du fait de la nature rocheuse de l'estran.
Cependant certains secteurs possèdent une flore plus ou moins diversifiée en raison de l'influence des nombreux facteurs auxquels les algues sont soumises (exposition au vent et à la houle, qualité de l'eau, degré d'ensoleillement, hétérogénéité du platier, degré d'ensablement...).
La zone biologiquement la plus riche débute au Nord du port pétrolier d'Antifer et va jusqu'à Senneville-sur-Fécamp.
Le Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande qui couvre 80 000 hectares et possède environ 70 espèces d'arbres et aide au préservement d'espèce végétale comme la rossolis à feuilles rondes, l'Osmonde royale, l’ache rampante et l’Orchis singe. On compte aussi un certain nombre de forêt dans le pays de Caux: Forêt de Brotonne (qui est rataché au Parc des boucles de Seine) et Forêt d'Eu.
Le Chêne d'Allouville, situé au sud du pays de Caux, est considéré comme le plus vieux Chêne de France, on estime qu'il aurait entre 800 et 1 200 ans.
Histoire
Article détaillé : . L'histoire du pays de Caux a été marquée par le peuple des
Calètes dans l'
Antiquité et par la colonisation
Viking au
Moyen Âge. Elle s'inscrit dans l'histoire de la Normandie tout en gardant une certaine originalité, liée à son ouverture maritime et à ses caractéristiques
géologiques.
Préhistoire
Les premiers habitants du pays de Caux ont pu habiter dans les nombreuses
grottes des vallées et de la côte, sans qu’on puisse évaluer leur nombre de façon certaine. Les sites les plus anciens datent du Paléolithique inférieur et ont révélé des outils taillés en pierre de types
Clactonien et
Acheuléen (
Havre, Sassetot-le-Mauconduit par exemple).
Pendant le Mésolithique, les cultures préhistoriques qui occupent le pays de Caux se rattachent à celles du Bassin parisien avec des influences belges. La population se sédentarise au cours du Néolithique et fabrique des outils en Bronze et des céramiques.
Gaule indépendante
Atlas historique du Pays de Caux
Article détaillé : . Dans l’Antiquité, le Pays de Caux est occupé par les Calètes, descendants des Belges qui se sont installés en Normandie à partir du . Le nom « Calète » viendrait du germanique kalt signifiant « froid ». Ils vivent groupés dans les oppida (Étretat, Camp de Canada à Fécamp) ou des villages agraires à enclos. Malgré une lutte acharnée contre les troupes de Jules César, les Calètes sont vaincus par les Romains au milieu du
La paix romaine
En 27 av. J.-C., l’empereur Auguste réorganise le territoire gaulois. Il crée la civitas caletorum (« Cité des Calètes ») qui est incorporée à la province de Gaule lyonnaise. Avec la paix romaine, les populations délaissent les oppida pour habiter dans les vallées. Les campagnes sont défrichées, les cultures et l’élevage se développent et l’artisanat fournit les exportations vers la Bretagne. De nombreuses villas gallo-romaines sont construites, comme celle de Sainte-Marguerite-sur-Mer. Elles utilisent les matériaux locaux : Silex, Craie, Calcaire, brique, Torchis. La technique du colombage est héritée de cette époque et des huttes celtiques. La romanisation du Pays de Caux, comme ailleurs en Occident, passe par l’urbanisation et la construction de routes : Juliobona (l’actuelle Lillebonne) et Caracotinum (Harfleur) sont alors les principales villes de la civitas caletorum.
Les premières attaques germaniques surviennent au IIIe siècle : la Côte d'Albâtre subit les incursions saxonnes et l’Empereur romain ordonne la construction du litus saxonicus pour défendre le plateau. Les invasions s’intensifient au Ve siècle et provoquent le déclin des villes, la crise des campagnes et le retour de la forêt. Lorsque l’autorité de Rome commence à s’effacer, les Calètes se joignent à d’autres tribus au sein d’une vaste fédération connue sous le nom de « Confédération armoricaine » destinée à se défaire de l’occupant.
Moyen Âge
À la fin du
Ve siècle, le Pays de Caux passe sous domination
franque et fait partie de la
Neustrie mérovingienne. Il est divisé en deux
pagi, le Caux et le
Talou, dirigés chacun par un
Comte qui représente l’autorité royale. De nombreux
toponymes en « -court » et « -ville » datent de cette époque franque. Au
VIIe siècle, le comte de Caux, Vaning, fonde le premier monastère de Fécamp. Les rois mérovingiens favorisent la christianisation des campagnes et la fondation d’abbayes : Fontenelle,
Jumièges,
Pavilly et Montivilliers sont créées au
VIIe siècle. Elles adoptent rapidement la règle de saint Benoît et constituent de grands domaines fonciers.
En 751, le royaume mérovingien passe aux mains de la dynastie carolingienne et le centre politique s’éloigne vers les rives du Rhin. Les raids vikings sur la côte normande commencent au IXe siècle. En 841, les Scandinaves remontent la Seine sur leurs drakkars, pillent et dévastent les monastères et les villes de la région. Les habitants et les moines, livrés à eux-mêmes, ne trouvent de salut que dans la fuite. En 911, le roi Charles le Simple décide de donner la Basse-Seine au chef viking Rollon : le Traité de Saint-Clair-sur-Epte marque la fondation du comté de Rouen, futur Duché de Normandie. Le pays de Caux, connaît un peuplement scandinave relativement dense, comme le montre la toponymie : parmi les suffixes les plus fréquents, citons « –bec » (Caudebec-en-Caux, Bolbec), « –dalle » (Dieppedalle, Oudalle), « –fleur » (Harfleur, Fiquefleur) et « –tôt » (Yvetot, Criquetot-l'Esneval). Les Vikings laissent également une empreinte durable dans les coutumes, l’architecture, le Dialecte et le type ethnique cauchois.
Au Xe siècle, les premiers ducs de Normandie résident souvent dans leurs palais de Fécamp et de Lillebonne, jusqu’à l'invasion de l’Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant, qui devient roi d’Angleterre. Plus tard, Henri II met en place le bailliage du Pays de Caux, qui est repris par le roi de France au XIIIe siècle. Après les invasions vikings, les ducs s’emploient à rétablir la vie monastique en Normandie : vers 960, le réformateur Gérard de Brogne ressuscite Saint-Wandrille. Richard Ier fait reconstruire l’église abbatiale à Fécamp. Richard II fait venir Guillaume de Volpiano pour ranimer la vie de l’abbaye, selon la règle bénédictine.
La condition des paysans cauchois est alors relativement meilleure qu’ailleurs en France : les esclaves exploitent la réserve seigneuriale et les communautés rurales sont influentes. Les innovations agricoles (Collier d'épaule, Assolement triennal) arrivent très tôt en Normandie et entraînent une augmentation des récoltes. L’industrie textile se développe en liaison avec la culture des plantes tinctoriales ainsi qu'avec l’élevage ovin. La population du plateau de Caux augmente et les bourgs se développent, grâce à la draperie. Les habitants de Montivilliers, Harfleur et Fécamp achètent à Jean Sans Terre leur charte communale en 1202 et les Bourgeois acquièrent des privilèges. Les échanges commerciaux se développent avec les régions voisines et avec l’Angleterre. Les marchands pêcheurs de Fécamp organisent une ghilde qui les protège et réglemente leurs activités. Les foires régionales se multiplient, celle d’Harfleur est alors l’une des plus réputées du pays de Caux.
En 1204, la Normandie est intégrée au domaine royal français. Le XIIIe siècle est une période de prospérité pour le pays de Caux. Le Grand Coutumier de Normandie est rédigé au milieu du XIIIe siècle. La Charte aux Normands est octroyée le 19 mars 1315, par le roi de France Louis le Hutin, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais. Cette charte, ainsi que la seconde de 1339, est considérée jusqu’en 1789 comme le symbole du particularisme normand.
Au début du XIVe siècle, le Pays de Caux est touché, comme le reste de l'Occident, par des vagues de famines et d’épidémies. La Peste, qui fait son apparition en 1348, tue jusqu’à ¾ des habitants dans certains villages. Puis la région est dévastée par les chevauchées, les pillages et les batailles de la Guerre de Cent Ans. La démographie s’effondre et de nombreux villages sont abandonnés. Le commerce est ralenti et l’activité économique perturbée.
Au début du XVe siècle, les Anglais razzient les campagnes du Pays de Caux. En 1415, le roi d’Angleterre Henri V débarque au Chef-de-Caux (l’actuelle Sainte-Adresse), puis assiège la ville d’Harfleur qui finit par tomber au bout d’un mois. La Normandie est occupée par les Anglais jusqu’en 1450.
L’essor et les guerres du <span class
"romain" title="Nombre écrit en chiffres romains">XVI
e siècle ===
En dépit des incursions de Charles le Téméraire en
1472, les campagnes cauchoises retrouvent un climat de paix pendant environ un siècle. La construction ou les transformations de nombreux édifices religieux témoignent du retour de la prospérité : les églises d’Harfleur, de
Caudebec-en-Caux, Saint-Jacques de Dieppe sont bâties en style gothique flamboyant. De nombreux
manoirs et châteaux sont influencés par l’architecture de la Renaissance à la fin du
XVe siècle : manoir de
Jean Ango, château d’
Angerville-Bailleul,
d’Ételan, etc. Le commerce reprend et les ports se développent : sous le règne de François Ier, l’armateur dieppois
Jehan Ango envoie ses navires vers l'Amérique. Dieppe est aussi le siège d'une école de
Cartographie et d’
Hydrographie. Les pêcheurs de la côte d’Albâtre vont jusqu’à
Terre-Neuve, d’où ils ramènent la
Morue. Le
Port du Havre est fondé en
1517 à la pointe du pays de Caux, à la suite de l’ensablement du port d’Harfleur. Cependant, Rouen reste la métropole économique de la région.
C’est aussi au XVIe siècle qu’est rédigée la Coutume générale de Normandie : le Pays de Caux garde cependant sa propre coutume, qui fixe notamment les conditions de l’héritage : le fils aîné reçoit la majeure partie de l’héritage, ce qui a contribué au maintien de la grande propriété dans la région. La Charte aux Normands est confirmée en 1587.
Le XVIe siècle est également marqué par le succès du Protestantisme (Dieppe, Luneray, Le Havre, Bolbec, etc.) et les guerres de religion. Ces dernières ravagent le Pays de Caux et de nombreuses abbayes et églises sont mutilées. La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoque l'exil de centaines de huguenots cauchois vers les pays protestants d’Europe et l’Amérique du Nord ; ces exilés étaient souvent des entrepreneurs et des négociants et leur départ représente une perte pour l'économie de la région.
XVIIe et XVIIIe siècles : vers une économie moderne
L’agriculture progresse aux
XVIIe siècle et
XVIIIe siècle : la culture du
Blé est le fait de grandes exploitations sur lesquelles est pratiqué l’
Assolement triennal. La
Jachère est remplacée progressivement par le
Trèfle, ce qui améliore la
Productivité. Le pays de Caux occupe alors, avec le
Vexin, la première place en Normandie pour la céréaliculture. Sur les côtes se développe la culture du
lin. Au nord, on commence à cultiver du
Colza. Les récoltes servent surtout à approvisionner la ville de
Rouen. Les paysans cauchois sont propriétaires d’une part importante du territoire.
L’artisanat est dominé par la production textile dans les foyers paysans et les villes. À la fin du
XVIIIe siècle,
20 % de la population active cauchoise travaille dans le tissage et la filature du
Coton commence son essor. Le marché de
Gonneville-la-Mallet est créé en
1633. On y vend des draps, du blé et des fils pour la
Dentelle. L’économie de
Bolbec repose sur l’industrie du drap de laine. Les principaux centres de production de la
Dentelle sont Le Havre, Dieppe, Montivilliers, Saint-Valery-en-Caux, Fécamp et Caudebec-en-Caux. La petite activité manufacturière se diffuse dans tout le pays de Caux : travail de l’
Ivoire à Dieppe, chantiers navals du Havre, de Saint-Vaast-Dieppedalle et de
Villequier, etc. Le niveau de vie des Cauchois les plus aisés augmente avec l’achat de meubles et d’habits nouveaux
,.
Cependant, à la veille de la Révolution française, les mécontentements se sont accumulés chez les Cauchois : les mauvaises récoltes, les conséquences du traité de commerce signé avec l’Angleterre et le chômage frappent la population. En 1789, quatre districts sont créés sur le Pays de Caux : Cany, Caudebec-en-Caux, Dieppe et Montivilliers. Le plateau n’est pas affecté par la Grande Peur. Dans la Nuit du 4 août 1789, les privilèges sont abolis : c’est la fin du Droit seigneurial de pigeonnier et du Droit d'aînesse. Les guerres révolutionnaires affectent l’activité économique qui subit le contrecoup du Blocus maritime et des disettes. Pendant la Terreur, la Guillotine fonctionne à Dieppe. Sous le Premier Empire, le pays de Caux connaît quelques révoltes à cause de la mauvaise situation économique.
<span class
"romain" title="Nombre écrit en chiffres romains">XIX
e siècle : révolution industrielle et développement du tourisme ===
Dès la Restauration, l’introduction du machinisme dans l’industrie textile provoque de violentes réactions des ouvriers. La modernisation de l’agriculture favorise l’
Exode rural. Le
Chemin de fer arrive au Havre et à Dieppe au milieu du
XIXe siècle. Sous le
Second Empire, Dieppe devient un lieu de villégiature. D’autres
stations balnéaires connaissent un relatif succès :
Étretat,
Veules-les-Roses,
Sainte-Adresse se couvrent de villas. On y aménage des
casinos et des établissements de bain. La spéculation foncière va bon train sur le littoral mais aussi dans la campagne cauchoise, qui reçoit des investissements rouennais et parisiens. Les
impressionnistes séjournent sur le littoral et peignent les plages de la côte d’Albâtre. En
1870, le pays de Caux est envahi par les
Prussiens : Bolbec et Dieppe sont occupées.
<span class
"romain" title="Nombre écrit en chiffres romains">XX
e siècle===
Pendant la Première Guerre mondiale, le Pays de Caux sert de base arrière pour le front situé plus au nord. Le gouvernement belge s’installe à Sainte-Adresse. En
1918, la part des soldats cauchois morts au combat est plus importante que la moyenne nationale : les villes et les bourgs érigent des
monuments aux morts. Dans l’
Entre-deux-guerres, le développement industriel de la
Basse-Seine accentue l’exode rural.
Avec l’occupation allemande en 1940, la population est réquisitionnée pour construire le mur de l’Atlantique dont il reste de nombreux vestiges sur la côte (stations de Sainte-Adresse, de Fécamp et de Dieppe). Le pays de Caux est soumis aux bombardements aériens alliés et à une forte répression nazie.
Les Trente Glorieuses sont marquées par des mutations économiques et sociales : dans l’agriculture, la mécanisation progresse et l’élevage se renforce, ce qui introduit des mutations dans les paysages ruraux. L’arrivée des textiles artificiels achève le déclin des filatures traditionnelles. La concurrence étrangère affecte la Construction navale.
Patrimoine culturel et traditions
Architecture
Matériaux
Les constructions utilisent les matériaux régionaux, principalement le bois de
Chêne et/ou de
hêtre pour les poutres qui servent également à réaliser les meubles, le
Chaume qui sert à couvrir les toits mais qui devient de plus en plus rare, l'
Argile sert à la fabrication des briques et des tuiles.
Le grès était une des principales pierre de construction avec le Calcaire, qui était l'un des matériaux de construction des édifices religieux dans le Canton de Fécamp. On trouve aussi le Silex et le Galet qui entrent dans la construction des maisons, des églises mais aussi des épis, des digues et d'autres aménagements littoraux. Les gisements de galets ont été surexploités entre 1885 et 1985, date de l’arrêt officiel du ramassage. Les galets étaient également utilisés dans les machines à broyer.
Architecture privée
Articles détaillés : . La construction traditionnelle du pays de Caux qui illustre le mieux l'utilisation de matériaux régionaux est le clos masure. Il s'agit d'une habitation, le plus souvent une ferme, entourée d'une ou de deux allées d'arbres plantés sur un talus (ces plantations ont pour but de protéger des vents importants qui soufflent dans la région).
Le pays de Caux compte un nombre important de manoirs. Un Manoir est la demeure d’un seigneur, en principe non fortifiée. Après la Guerre de Cent Ans, les maisons seigneuriales n’ont plus besoin de remparts et de tours. Les progrès de l’artillerie rendent caducs les ouvrages de fortification. La paix et la prospérité retrouvées après 1450 donnent la possibilité de reconstruire des manoirs qui utilisent les matériaux locaux (Silex, Calcaire) et se laissent influencer par la Renaissance. Les propriétés sont en général entourées par un talus (sur le modèle du Clos-masure) ou par un mur. L'accès se fait par une entrée encadrée par deux piliers polychromes et ouvragés, ou encore par des piliers de barrière. La plupart des manoirs normands disposent dans leur cour d’un colombier. D’après l’analyse des historiens locaux, on recense 635 colombiers dans les arrondissements de Dieppe, du Havre et de Rouen. La majorité sont circulaires et en dur. Les plus rares sont polygonaux et à colombages. Les pigeons étaient élevés pour leur chair et pour la Colombine qui servait d'engrais. Cet édifice était surtout un attribut de la noblesse : les armoiries du seigneur pouvaient ainsi orner la porte du colombier. Le droit de pigeonnier est aboli dans la nuit du 4 août 1789.
On trouve aussi un nombre important de maisons de maître. Bâties au XIXe siècle en briques dans le bourg ou le chef-lieu de canton, ces dernières prennent la forme d'un pavillon à la façade symétrique. Le toit à forte pente est en ardoise, qui arrive en même temps que le chemin de fer, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La porte d'entrée, vitrée et protégée par une grille ouvragée, est surmontée d'une marquise.
Les autres habitations sont des maisons modestes pouvant être réparties en trois catégories :
- Les longères sont des maisons de plan longitudinal dont la Chaumière est l'exemple le plus connu. Elles comportent souvent un escalier extérieur, possèdent un toit à forte pente, traditionnellement en chaume et chaque pièce s'ouvre directement sur l'extérieur par une porte.
- Les maisons de pêcheurs tournent le dos à la mer ou sont perpendiculaires à la route. Les murs sont en silex taillé, en galet ou en brique, la cour possède un puits à marée. Dotées d'un toit de chaume puis d'ardoises, les maisons de pêcheurs mitoyennes peuvent former de véritables corons maritimes, comme à Fécamp.
- Les villas balnéaires : construites au XIXe siècle et au début du XXe siècle, elles font face au rivage et suivent la mode de l'éclectisme.
Architecture religieuse
Le pays de Caux est une région de grande religiosité, cette particularité ayant peut-être pour origine la présence de nombreuses abbayes qui possédaient jusqu'à la Révolution française la majorité des terres de la contrée. Mais la tradition catholique a persisté, sauvegardé par les habitants des campagnes et les marins qui sont restés très pratiquants. De cette tradition, il susiste de nombreux édifices religieux particuliers à la région comme des églises paroissiales, des
chapelles, des
Croix, des
léproseries et des
sanctuaires.
Structures et bâtiments publics
Le village cauchois est situé au carrefour de plusieurs routes ou le long d'une voie (il s'agit alors d'un village-rue comme
Yport,
Saint-Aubin-Routot,
Bec-de-Mortagne, etc). Le centre du village est occupé par une place appelée « carreau », à cause de sa forme carrée ou rectangulaire. C'est en ce lieu que se sont implantés la halle aux grains, le café, que se déroulent le marché hebdomadaire et les
foires (
Gonneville-la-Mallet par exemple). La mairie, qui faisait également office d'école communale, peut se trouver sur une autre place, de même que l'église.
Bâtiments économiques
Le style d'architecture cauchois a été adapté au bâtiment de travail que l'on peut trouver aussi dans les autres régions tel que les fours à pain, les charreteries, les écuries, les étables, les bergeries, les porcheries, les
celliers, les courtils et les granges à battière.
Traditions, folklore et événements
Dans le cadre du folklore local, sont organisées de nombreuses fêtes de la mer, mettant en valeur l'histoire du Pays de Caux fortement lié au grand large et particulièrement à
Terre-Neuve, où les grand
morutiers ont fait la richesse de certaines villes comme Fécamp. Pour ces fêtes on trouve alors beaucoup de dégustation et d'explication des techniques de
Fumage. On peut également trouver aussi des
processions durant lesquelles se déroulent des bénédictions de la mer comme au
15 août à Yport. Les corsos fleuris sont aussi très importants dans les villages à forte tradition horticole, notamment à
Doudeville,
Gonneville-la-Mallet ou au Havre. La fête de la Saint-Jean est célébrée par les Cauchois qui érigent des bûchers dans grand nombre de villages le
24 juin.
La grande tradition agricole de l'intérieur des terres a vu s'organiser de plus en plus de fêtes des moissons durant lesquelles sont exposées des vieilles machines alors que des passionnés font revivre des métiers disparus. Tous les deux ans, une manifestation internationale de cerfs-volants est organisée à Dieppe. Durant cette dernière, des ateliers de confection de cerfs-volants sont accessibles aux adultes et aux enfants qui ont l'occasion de pouvoir assister à des combats de cerfs-volants ainsi qu'à des matchs pour le championnat de France de la spécialité.
Spécialités culinaires
Article détaillé : . Les spécialités culinaires cauchoises concernent principalement la
Pomme et la
Poire mais également le
Fromage et la viande de
Porc. Les plus célèbres de ces spécialités sont le
douillons, le boudin de Saint-Romain, le
Cidre, le
Calvados, la
Bénédictine et le
Poiré. Une partie de ces spécialités est commune à toute la Normandie mais les variantes locales sont nombreuses.
Le cauchois
Le Pays de Caux est l'un des derniers bastions de la
langue normande en dehors du
Cotentin. Le nombre de locuteurs est statistiquement très variable: entre 0,3 % et 19,1 % des habitants de la
Seine-Maritime interrogés s'identifient eux-mêmes comme parlant le cauchois. Parmi les traits distinctifs de Cauchois on trouve :
- l' absence d'aspiration du h
- la perte de l'intervocalic / r /
- Une plus forte tendance à la Métathèse que dans les dialectes occidentaux, par exemple, Ej au lieu de jé, eud au lieu de dé, euq au lieu de qué, eul au lieu de lé.
Il existe des auteurs écrivant en cauchois tels que Gabriel Benoist (auteur de Les Histouères de Thanase Péqueu), Ernest Morel, Gaston Demongé, Maurice Le Sieutre et Marceau Rieul. Jehan Le Povremoyne (pseudonyme d'Ernest Coquin) a écrit des histoires du genre mixte de dialogue, comme l'a fait Raymond Mensire.
Articles détaillés : . « Description du pays de Caux », texte extrait de : François des Rues,
Brève description, contenant les antiquités, fondations & singularités des plus célèbres Villes, châteaux & places remarquables de notre Royaume, Jean le Cartel Imprimeur, 1603, avec privilège du roi (
Henri IV) par lettres patentes du
18 février 1603 :
« Ce païs est celuy que Cesar apelle Caletes, & est de belle estenduë & plus en long que en large, ayant le terroir d’Abeuille au leuant : au Midy le Beauuoisis ; au Septentrion l’Ocean, & à l’Occident la riuiere de Seine, auec partie du Rouënnoys. Les villes plus fameuses de ce pais sont Gisors, S. Cler sur Epte, Pontoyse, Gournay, Aumale, maintenant Duché, appartenant à l’illustre maison de Guise, Neuf-chastel siege Royal, Heu Comté apatenante aux heritiers des Ducs de Neuers, Arques, & le fameux port de Dieppe, l’vne des plus fortes places de la coste Belgique, ayant son nom d’vne petitte riuiere laquelle y passe. Le long de ceste coste Septentrionale de Normãdie, est la place de S. Valery située sur la mer. »
Guy de Maupassant, Le saut du berger ; texte publié dans Gil Blas du 9 mars 1882 :
« De Dieppe au Havre la côte présente une falaise ininterrompue, haute de cent mètres environ et droite comme une muraille. De place en place, cette grande ligne de rochers blancs s’abaisse brusquement et une petite vallée étroite, aux pentes rapides couvertes de gazon ras et de joncs marins, descend du plateau cultivé vers une plage de galet où elle aboutit par un ravin semblable au lit d’un torrent. La nature a fait ces vallées, les pluies d’orages les ont terminées par ces ravins, entaillant ce qui restait de falaise, creusant jusqu’à la mer le lit des eaux qui sert de passage aux hommes. Quelquefois un village est blotti dans ces vallons, où s’engouffre le vent du large. »
Guy de Maupassant, Pierre et Jean, chap. 6 :
« L’air tiède, où se mêlait à l’odeur des côtes, des ajoncs, des trèfles et des herbes, la senteur marine des roches découvertes, l’animait encore en le grisant doucement et il se décidait un peu plus à chaque pas, à chaque seconde, à chaque regard jeté sur la silhouette alerte de la jeune femme ; il se décidait à ne plus hésiter, à lui dire qu’il l’aimait et qu’il désirait l’épouser. La pêche lui servirait, facilitant leur tête-à-tête ; et ce serait en outre un joli cadre, un joli endroit pour parler d’amour, les pieds dans un bassin d’eau limpide, en regardant fuir sous les varechs les longues barbes des crevettes. Quand ils arrivèrent au bout du vallon, au bord de l’abîme, ils aperçurent un petit sentier qui descendait le long de la falaise et sous eux, entre la mer et le pied de la montagne, à mi-côte à peu près, un surprenant chaos de rochers énormes, écroulés, renversés, entassés les uns sur les autres dans une espèce de plaine herbeuse et mouvementée qui courait à perte de vue vers le sud, formée par les éboulements anciens. Sur cette longue bande de broussailles et de gazon secouée, eût-on dit, par des sursauts de volcan, les rocs tombés semblaient les ruines d’une grande cité disparue qui regardait autrefois l’Océan, dominée elle-même par la muraille blanche et sans fin de la falaise. »
Économie
Agriculture
Le pays de Caux est une région agricole prospère grâce au climat océanique et aux sols limoneux. Il est cependant parfois nécessaire de rajouter de la
marne sur certaines parcelles. Les engrais chimiques et les pesticides viennent polluer la nappe phréatique et les cours d'eau. L'espace rural est grignoté par la
Rurbanisation essentiellement autour des agglomérations havraise et dieppoise. Aujourd'hui, les agriculteurs cauchois pratiquent la polyculture ; le
Blé, le
Maïs, le
lin, la
Pomme de terre, la
Luzerne, la
betterave à sucre, le
Colza sont les principales cultures. Le Pays de Caux demeure la première région productrice de lin en France. Cette plante textile est déjà réputée au
Moyen Âge et est travaillée dans des ateliers domestiques avant l'âge des filatures industrielles. Actuellement, le principal importateur de lin cauchois est la Chine. La betterave à sucre est la principale culture industrielle. L’élevage bovin pour le
Lait est également important, alors que l'élevage
ovin, autrefois très développé, est actuellement assez réduit.
Industries
Les industries se localisent essentiellement dans les vallées et plus particulièrement dans celle de
Seine mais on trouve aussi à l'intérieur des terres des industries agroalimentaires dont des
sucreries, des
distilleries et des
laiteries (
Senoble à
Gruchet-le-Valasse).
L'industrie commence à s'installer dans la région à partir du
XVIIIe siècle et
XIXe siècle et voit le développement des filatures de
Coton et de la
Métallurgie, grâce à des capitaux extérieurs. C'est à partir du
XXe siècle que la région de la Basse-Seine voit son industrie se développer réellement lorsqu'elle accueille des entreprises chimiques, des raffineries et des usines automobiles. L'industrie se développe alors le long des berges de la Seine de manière quasi continue du Havre à Lillebonne. Le premier employeur industriel (6 000 salariés en
2003) de la région havraise est le groupe
Renault sur la commune de
Sandouville. Tout autour du Havre se concentre plus du tiers de la capacité française de raffinage, le pétrole brut étant importé par les ports du Havre et d'
Antifer. L'industrie pétrochimique assure environ 50 % de la production de
plastiques de base et 80 % des additifs et des huiles. Plus de 3 500 chercheurs travaillent dans des laboratoires privés et publics, faisant du Pays de Caux une région d'excellence, spécialisé dans le
Pétrole, la
Chimie, les industries pharmaceutiques, la parachimie, les fibres synthétiques, l'
Industrie du verre, la
Papeterie, l'
Automobile, le matériel électrique et l'électronique. Les grandes
firmes transnationales de l'industrie chimique sont présentes en Basse-seine. Dans l'agglomération havraise, elles se situent essentiellement sur la commune de
Gonfreville L'Orcher :
Exxon Mobil,
TotalFinaElf,
Hoechst,
Chevron Corporation, mais aussi à Sandouville tel Goodyear Chemicals Europe. Avec la crise des
Années 1970 et les
délocalisations, l'industrie a perdu des emplois dans le pays de Caux, en particulier dans la construction navale (fermeture des ACH en
1999) et dans le textile (usine Desgenétais de Bolbec). La centrale nucléaire de Paluel, situé sur le littoral cauchois, à 40 km de Dieppe et à 70 km du Havre, est une des plus puissantes de France.
Tourisme
Le pays de Caux possède de nombreux atouts touristiques : littoral pittoresque et sauvage (
stations balnéaires réputées d'
Étretat, de
Fécamp, d'
Yport, de
Veules-les-Roses et de Dieppe), patrimoine culturel et architectural, activités sportives, etc. La région est par ailleurs bien reliée au nord de la France et de l’Europe grâce à l’autoroute A29 mais aussi à la région parisienne. De nombreuses résidences secondaires y sont établies depuis le
XIXe siècle et beaucoup appartiennent à des Franciliens.
Transports
Le réseau autoroutier et routier
Article détaillé : . Même si l'autoroute A13, reliant
Paris à Caen par Rouen, évite le Pays de Caux en empruntant la rive sud de la Seine, la région possède plus d'une centaine de kilomètres de réseau autoroutier. L'autoroute A29 qui joint
Beuzeville à Aumale passe par Le Havre, Yvetot et se prolonge jusqu'à
Amiens et
Saint-Quentin. De plus l'autoroute A131 de
Bourneville à
Harfleur, relie Le Havre au
Pont de Tancarville et permet de retrouver l'autoroute A13.
Le Pays de Caux possédait, jusqu'au décret du 5 décembre 2005 conduisant à leur déclassement, trois routes nationales. La plus importante était la Route nationale 15 reliant Le Havre à Rouen et suivant plus ou moins la voie ferrée Paris-Le Havre, la Route nationale 27 joignait Dieppe à Maromme et la Route nationale 29 partait d'Yvetot en direction de l'est et rejoignait La Capelle dans le département de l'Aisne.
Le réseau ferroviaire
Le Pays de Caux est traversé par la grande ligne Paris - Rouen - Le Havre qui dessert les gares d'
Yvetot, d'Allouville-Bellefosse, de Foucart-Alvimare, de Bolbec-Nointot, de Bréauté-Beuzeville, de Virville-Manneville, d'Étainhus-Saint-Romain, de Saint-Laurent-Gainneville, d'
Harfleur, de Le Havre-Graville et du
Le Havre.
Plusieurs lignes régionales existent, pour relier des villes d'importance moyenne, entre Rouen et Dieppe, entre Bréauté-Beuzeville et Fécamp ou encore entre Le Havre et Rolleville. En plus de ces lignes ouvertes au trafic des voyageurs, certaines sont dédiées exclusivement au fret ou bien fermées à toute circulation. Parmi ces dernières, on peut citer le cas de la ligne Le Havre - Fécamp - Dieppe par le littoral dont certains riverains (appuyés notamment par les Verts), réclament la réouverture. On peut également mentionner l'existence du train touristique, Étretat-Pays de Caux et d'un ancien réseau de tramway au Havre (Le Havre devrait retrouver ce mode de locomotion en 2012 avec la construction d'une ligne en forme de Y d'une longueur totale de 12,7 km).
Le transport maritime
Article détaillé : . Le pays de Caux possède un très grand port, celui du
Havre qui se place au deuxième rang derrière celui de
Marseille pour le volume total de marchandises (74,145 millions de tonnes d'avril
2005 à mars
2006), mais à la première place en terme de valeur des marchandises traitées. En ce qui concerne le trafic de conteneurs, Le Havre est le premier port français et le 7
e port européen avec 2 158 000 evp en
2004 (2 130 000 evp en
2006) loin devant
Marseille (17
e),
Rouen (40
e), Nantes-Saint-Nazaire (44
e). Le port a également accueilli 265 000 passagers en
2006.
À cet ensemble s'ajoute le port de Dieppe, premier port de pêche français pour la coquille Saint-Jacques, Port de plaisance le plus proche de Paris et port de commerce toutefois victime d'une sérieuse baisse de trafic. Pourtant, Dieppe est jusqu’à la fin des Années 1970 le premier port Bananier de France. Depuis que le transport de la Banane se fait à l'aide des conteneurs, et donc dans de ports équipés pour ce type de transport, Dieppe a perdu son rang et le trafic transmanche constitue l'essentiel son activité maritime.
Le port de Fécamp, quant à lui, a été jusque dans les Années 1980 le premier port de pèche à la Morue et au Hareng de France. Aujourd'hui, c'est surtout un port de plaisance même s'il réalise encore des importations non négligeables de bois.
Les ports de Dieppe et du Havre assurent des liaisons transmanches avec le Royaume-Uni avec un trafic respectif de 0,274 million et de 0,265 million de passagers.
Le transport fluvial
La Normandie représente 10% du trafic fluvial français. Treize millions de tonnes de marchandises transitent chaque année sur la
Seine entre
Le Havre et la région parisienne. Entre la Porte Océane et le
Pont de Tancarville, les embarcations fluviales, qui ne peuvent emprunter l'
Estuaire, doivent utiliser le
Canal de Tancarville offrant un gabarit généreux -180 mètres sur 23 avec un mouillage de 3m50.
Le transport aérien
Le Havre possède un aéroport international, l'aéroport du Havre-Octeville qui a réalisé un trafic de 52 315 passagers commerciaux en
2006 avec des vols européens et transcontinentaux par l'intermédiaire des plates-formes de Lyon et d'Amsterdam. En plus de celui-ci, il existe de petits aérodromes à Saint-Valéry-en-Caux, à Yvetot et à Dieppe qui voit transiter 6 000 passagers commerciaux chaque année.
Le pays de Caux dans les arts
Littérature
Guy de Maupassant décrit admirablement l’ambiance rurale du Pays de Caux dans ses romans.
Un exemple : extrait de Miss Harriet. Texte publié dans Le Gaulois du 9 juillet 1883, sous le titre Miss Hastings, puis publié dans le recueil Miss Harriet ; Maupassant décrit un voyage en diligence entre Étretat et Tancarville :
« C’était l’automne. Des deux côtés du chemin les champs dénudés s’étendaient, jaunis par le pied court des avoines et des blés fauchés qui couvraient le sol comme une barbe mal rasée. La terre embrumée semblait fumer. Des alouettes chantaient en l’air, d’autres oiseaux pépiaient dans les buissons. Le soleil enfin se leva devant nous, tout rouge au bord de l’horizon ; et, à mesure qu’il montait, plus clair de minute en minute, la campagne paraissait s’éveiller, sourire, se secouer et ôter, comme une fille qui sort du lit, sa chemise de vapeurs blanches. Le comte d’Étraille, assis sur le siège, cria : « Tenez, un lièvre » et il étendait le bras vers la gauche, indiquant une pièce de trèfle. L’animal filait, presque caché par ce champ, montrant seulement ses grandes oreilles ; puis il détala à travers un labouré, s’arrêta, repartit d’une course folle, changea de direction, s’arrêta de nouveau, inquiet, épiant tout danger, indécis sur la route à prendre ; puis il se remit à courir avec de grands sauts de l’arrière-train et il disparut dans un large carré de betteraves. Tous les hommes s’éveillèrent, suivant la marche de la bête. »
Le Pays de Caux est le cadre de nombreuses oeuvres littéraires notamment dans les nouvelles de
Maupassant dont l'action se déroule au Havre (
Pierre et Jean) ou dans la région de Fécamp (le Petit fût). Maupassant donne une image froide et dure des Cauchois considérés comme des pingres et, ainsi, rendus particulièrement antipathiques.
Maurice Leblanc fait lui aussi du pays de Caux le cadre de son roman,
L'Aiguille creuse, dont l'action se déroule à Etretat. C'est d'ailleurs dans sa maison d'Etretat qu'il a écrit la majorité de ces livres.
Annie Ernaux raconte, quant à elle, son enfance dans le livre
La Place, dont l'histoire se situe à Yvetot. Gustave Flaubert, grand ami de Maupassant, à lui aussi, utilisé le pays de Caux dans ces romans, ainsi que Jehan Le Povremoyne dans
Les Noces diaboliques. En 1990, Bernard Alexandre, abbé de Vattetot-sous-Beaumont, décrit dans son livre,
le Horsain, la vie dans un pays de Caux en plein bouleversement du au déclin de l'Église et des
traditions. Il explique la particularité de la personnalité des Cauchois et de leur tradition ainsi que les tentatives de préservation de celle-ci.
Peinture
Avec le début des séjours balnéaires, le Pays de Caux devient au
XIXe siècle un des espaces où vont apparaître de grands courants de l’
histoire de l’art. La région est située entre
Paris et l’
Angleterre, faisant d'elle un territoire facile d'accès et possèdant beaucoup d'atouts: une géologie littorale particulière, des cieux changeants, des rives de Seine convoitées par les artistes, ces paysages naturels étant en contraste avec l'art urbain qui sera lui aussi un objet d'études de la part des plus grands peintres de l'époque. Les
impressionnistes, dont
Claude Monet à
Giverny ou
Eugène Boudin dans les campagnes sont les plus prestigieux exemples de cette période, sont nombreux à fréquenter la région et à en peindre les paysages.
Les paysagistes et les villégiaturistes anglais lancent très tôt en Normandie la mode du désir du rivage, suscitent le goût du pittoresque et du patrimoine ; certain des passagers des « trains de plaisir », écrivains et musiciens, viennent y trouver les motifs de leur inspiration : Charles Baudelaire dialogue avec Eugène Boudin à Honfleur, Maupassant avec Monet à Étretat. Le Pays de Caux figure désormais sur l’itinéraire des grands maîtres avec Barbizon, l’Estaque et Collioure.
Cinéma
La proximité du pays de Caux de Paris en fait un lieu privilégié pour les tournages en campagne.
Serge Pénard y réalise en
1981,
Le Chêne d'Allouville, un film racontant le combat des habitants d'Allouville-Bellefosse contre la construction d'une autoroute qui entraînerait l'abattage du
Chêne du village considéré comme le plus vieux de France. La personnalité des cauchois a été aussi exploitée par la réalisatrice
Ariane Doublet qui réalise en
1999,
Les Terriens puis Les Sucriers de Colleville en 2004. Le premier montre comment l'éclipse solaire du 11 août 1999 a modifié la vie des paysans et cauchois pour cet évènement exceptionnel, le second montre, quant à lui, une usine sucrière sur le point de fermer et la vie des ouvriers sans possibilité de retrouver un emploi. Le cadre de la campagne cauchoise est également utilisé dans l'adaptation à la télévision des
Nouvelles de Maupassant, le succès de ces adaptations en
2007 a conduit au tournage d'une deuxième saison en
2008. Avec près de 70 films, Le Havre est l'une des villes de province les plus représentées au cinéma. Plusieurs réalisateurs ont choisi les installations portuaires pour cadre de leur film :
L'Atalante de
Jean Vigo (
1934),
Quai des Brumes de
Marcel Carné (
1938) ou encore
Ce qu'ils imaginent d'Anne Théron (
2004).
Un homme marche dans la ville de
Marcello Pagliero se déroule dans le port et le quartier Saint-François de l'après Seconde Guerre mondiale. La cité a également accueilli le tournage de plusieurs comédies comme
Le Cerveau de
Gérard Oury (
1968),
La Beuze de François Desagnat et de Thomas Sorriaux (
2002) ou encore de
Disco de
Fabien Onteniente (
2008). Le film de
Sophie Marceau,
La Disparue de Deauville sorti en
2007, comporte plusieurs scènes tournées sur le port du Havre, au centre commercial René Coty et dans les rues du centre-ville.
Personnalités cauchoises
Article détaillé : . Annexes
Bibliographie
- Pierre Auger, Gérard Granier, Le guide du Pays de Caux, éditions La Manufacture, Lyon, 4e édition, 1993, (ISBN 2737702801)
- Michel Lecureur, Manoirs du pays de Caux, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1992, (ISBN 2854803574)
- Jacques Ragot, Monique Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, éditions des falaises, Fécamp, 2005, (ISBN 284811035X)
- Michel de Boüard (dir.), Histoire de la Normandie, Privat, Toulouse, 1970 (ISBN 2708916130)
- Elisabeth Deniau, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l’arrivée des Vikings, Ouest-France, Rennes, 2002, (ISBN 2737311179)
- Anne-Marie Flambard Héricher et Véronique Gazeau 1204, La Normandie entre Plantagenêts et Capétiens, CRAHM, Caen, 2007, (ISBN 9782902685356)
- Alain Leménorel (dir.), Nouvelle histoire de la Normandie, Entre terre et mer, Privat, Toulouse, 2004, (ISBN 2708947788)
- Thérèse et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Normandie, Ouest-France, Rennes, 1997, (ISBN 2737318874)
- François Neveux, La Normandie des ducs aux rois, Ouest-France, Rennes, 1998, (ISBN 2737309859)
- François Neveux, Claire Ruelle, La Normandie royale, Ouest-France, Rennes, 2005, (ISBN 2737336937)
- Guy Verron, Préhistoire de la Normandie, Ouest-France, Rennes, 2000, (ISBN 2737327512)
- Roger Jouet et Claude Quetel, Histoire de la Normandie des origines à nos jours, Larousse, Paris, 2005, (ISBN 203575115-2)
- Roger Jouet, Et la Normandie devint française, OREP, 2004, (ISBN 2-912925-50-9)
- Michel Barberousse, La Normandie, ses traditions, sa cuisine, son art de vivre, Hachette, Paris, 1974, (ISBN 2010010957)
- Laurent Bianquis, Cuisine normande, Coll. Cuisine, Hachette Littérature, Paris, 1998, (ISBN 2016207558)
- Jacques Billy, Christian Drouin, Le Grand Livre des Calvados, Coll. Gastronomie, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1987, (ISBN 2854801601)
- Maylis Baylé, L'architecture normande au Moyen Age, éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 2001, (ISBN 2841331350)
- Marcel Anfray, L'architecture normande, son influence dans le nord de la France aux XIe et XIIe siècles, Picard, Paris, 1939
- (it) Giulio Arata, Atlante di storia dellarchitettura arabo-normanna e del Rinascimento in Sicilia, Librarie siciliane, Palerme, 1986.
- (it) Francesco Basile, L'architettura della Sicilia normanna, V. Cavallotto, Catane, 1975.
- (it) Corrado Bozzoni, Calabria normanna. Ricerche sull'architettura dei secoli undicesimo e dodicesimo, Officina, Rome, 1974
- L’état des régions françaises 2004, La Découverte, Paris, 2004.
Notes et références
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Liens internes
Liens externes
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